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Universfiction

Jean Marie Warny est né à Anseremme, en Belgique, le 20 avril 1945. Son parcours professionnel, relativement éclectique, débute à l’école des Sous-officiers à Dinant, en 1962. Dès 1972, il rejoint la vie civile et pratique diverses activités : vendeur, barman, taximen, convoyeur de fonds, bouquiniste, maître nageur… À partir de 1990, une formation le propulse vers une nouvelle carrière, formateur en communication, dans un organisme d’insertion socioprofessionnelle. Parallèlement il dirige une troupe de théâtre amateur la « Compagnie du joker » et participe à la réalisation de courts métrages cinématographiques. À l’aube de la retraite, Jean Marie décide de partager son questionnement existentiel par la peinture sur toile et l’écriture.

 

 

 premier roman                                L’âge d’or revisité...

 

 CONTINUUM

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé

Après trente et un ans d’un voyage aux confins de la galaxie, les membres de l’équipage de Messager I se réveillent de leur longue stase. Enfin, ils sont parvenus à leur objectif, à ce coin reculé de l’espace où ils ont été envoyés après la captation d’un signal extraterrestre. A présent, leur réelle mission va pouvoir commencer. Pourtant, les spationautes découvrent rapidement que la planète qui se dresse face à eux n’est pas celle qu’ils devaient rejoindre. Durant leur sommeil, leur vaisseau semble avoir été dérouté vers cet autre monde qui témoigne lui aussi de signes de vie. Occultant momentanément les raisons qui ont pu les amener à s’échouer en ces lieux, ils entreprennent donc d’explorer cette terre apparemment vivable. Une exploration qui les conduira à la rencontre d’autochtones en lutte contre un colonisateur violent et d’un monde dont ils ne soupçonnent encore pas tous les pièges et les secrets.

 

Continuum » est une fresque grandiose, un récit où des hommes et des femmes, perdus et isolés aux dernières limites de la galaxie, sont entraînés dans un conflit titanesque et dans lequel science-fiction et aventures se côtoient intimement et fertilement pour donner naissance à un roman riche et labyrinthique. Avec cette œuvre au déroulement vertigineux, à l’écriture sobre, efficace et nourrie de questionnements philosophiques et existentiels sur le temps et la conscience humaine, Jean-Marie Warny s’inscrit résolument dans une lignée d’auteurs de science-fiction qui ont su faire de l’anticipation le lieu de toutes les interrogations. Epique, intriguant, déstabilisant

 A lire sans modération…

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                            

                                                                                                                            

 

 

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EXTRAITS

L’équipe de Liluane longe péniblement le chemin de crête en direction du campement abandonné.

Le vent est tel, que l’orage semble déjà emporté au loin, des nuages de poussières et des débris végétaux gênent considérablement la progression.

Béa s’inquiète du sort des soldats abandonnés le matin.

Claus lui répond en plaçant ses mains en porte-voix voix :

― Ils se sont certainement abrités, il se peut aussi que les indigènes que nous avons délivrés soient déjà passés, et dans ce cas... je doute qu’ils soient encore en mesure de nous causer des désagréments.

― Ils sont alités ?

― Pardon ?

― Ça va, laisse tomber.

― Ils sont tombés, comment le sais-tu ?

Claus se heurte à Liluane qui vient de s’arrêter brusquement.

― Qu’y a-t-il ?

― J’aperçois des silhouettes !

À peine vient-elle de terminer sa phrase, que plusieurs guerriers sont sur eux, les menacent de leurs lances acérées.

― Les… comment encore ? Alamutis, balbutie Béa.

***

― Reste calme ! De quoi te souviens-tu ?

― La dernière chose dont je me souvienne, c’est la navette qui entre dans l’atmosphère de ce monde… puis plus rien, si ce n’est une horrible impression de désastre, de destruction. J’ai l’impression d’être enfermé dans un sarcophage.

― Tu dis que tu es Samson, te rappelles-tu de faits précédents ?

― Oui, mon enfance, mes études, mes aspirations, mon frère, le message, l’élaboration de messager, l’entraînement, tout, tout ! Mais je n’ai nulle envie de prouver quoi que ce soit, je sais qui je suis !

Claus qui suit attentivement le dialogue, relève brusquement la tête lorsque Bobby a prononcé le mot frère :

Seton Baxel ? La boîte mémorielle ! s’écrie-t-il.

La jeune femme croit comprendre, mais c’est tellement inattendu :

Sam, tu sais que tu avais un implant enregistreur de mémoire ?

― Oui, c’est mon frère qui avait insisté pour que j’accepte ce prototype, il m’a dit que c’était une sorte d’assurance-vie… Mais qu’est-il arrivé, j’ai l’impression d’être devenu fou.

― Tu n’as rien fait pour… c’est un accident !

  Comment ça ?

― Oui tu as subi un grave préjudice, irréparable, mortel… Je suis désolée, mais Cathie serait plus à même que moi de t’expliquer ce qui s’est passé.

― Je veux savoir !

― Je pense que Bobby, tu comprends ? Bobby ?

― Oui, le cyborg !

― C’est ça ! Eh bien, c’est lui qui, semble-t-il... je ne sais comment ? A assimilé le contenu de la boîte. En fait, il a effectué ce que ton frère préconisait, c’est-à-dire réinjecter ta mémoire sur une entité vivante, j’avoue que j’ai du mal à comprendre…

Ils restent immobiles un moment, sans voix ; la situation à quelque chose d’irréel, tout paraît illusoire sinon désespéré. Le faible éclairage des parois, un peu plus intense à la base, ajoute une note proche de l’épouvante à toute la scène. L’humanoïde est le premier à rompre le silence :

― Et Bobby, dans tout ça ? Que devient-il… où est-il ?

― Je n’en sais rien… Sam. C’est toi qui devrais savoir…

― Il y a quelque chose qui m’empêche de sombrer dans le désespoir, c’est effectivement ce raisonnement logique, qui me force à admettre la réalité, bien que celle-ci soit au-delà de toute compréhension philosophique. Il est certain, que j’ai la nette impression de comprendre bien des processus qui m’étaient inaccessibles il y a peu. Ma personnalité est soumise à une terrible épreuve, j’en ai perdu la partie physique et je crains que Samson ne soit finalement digéré par Bobby.

Béa et Lanis entrent à leur tour dans le poste de contrôle d’épervier 1. Le docteur Costellin est impatient, il s’inquiète du sort de Francise.

― On s’inquiétait, on aimerait en savoir plus. Tiens ? Voilà enfin Bobby !

Le cyborg réagit aussitôt.

― Non pas Bobby ! Je suis Sam !

 

 
 

 

 

 


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         jihem.w@tvcablenet.be

 

REFLEXIONS

L’esprit de l’Homme

Dans son immense égocentrisme, L’Homme s’imagine que l’univers s’intéresse à lui. Il a donc créé des dieux possédant ses qualités et ses défauts.

 

Les religions

Le manque de réponses aux questions existentielles induit une recherche activée non seulement par l’imagination, mais aussi par la peur …

 

Le néant

Notre conscience est issue du néant ; nous sommes tous issus du néant et nous ignorons tous ce que c’est. Par conséquent il paraît évident que la condition post mortem est identique à celle qui précède la naissance.

 

La conscience

La conscience ne semble pas innée. Elle s’acquiert, est fixée par les souvenirs et son degré paraît déterminé par l’apprentissage de la vie. Nous avons conscience d’en avoir une, c’est un paradoxe qui mène à des suppositions souvent associée à l’imagination.

 

La science

C’est souvent un choix, spécialement en ce qui concerne les « esprits fermés » : La philosophie ou la science. Le vrai scientifique devient philosophe et le véritable philosophe s’intéresse de très près à la science.

 

L’infini

Fermé, ouvert ? Où, selon certaines réflexions empiriques, se situe le compromis et qu’elle est sa nature ? Il est probable qu’il faille comprendre ce terme comme définissant un ensemble qui n’est jamais fini ou, plus explicitement, jamais terminé. Il semble évident que l’infini, dans sa stricte définition, n’est pas raisonnable, si l’on admet simplement un postulat d’expériences démontrant que tout n’est pas possible.

 

Ces réflexions peuvent faire l’objet d’un débat intéressant, la matière est vaste et chaque tentative de réponse apporte un lot de nouvelles questions ; derrière chaque porte entrouverte, on aperçoit d’autres cloisonnements. Certains s’aventurent dans ce labyrinthe, la pensée est malmenée, la logique ne suffit plus et pourtant, en son absence le risque de s’égarer définitivement est grand.

 

 

v    Littérature.TV

 

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Extrait

 

À quelques dizaines demètres d’épervier, Samson fait les cent pas, perdu dans ses pensées, ilfixe le sol, privé à cet endroit, de végétation, il s’agit d’un espacecirculaire d’environ trois mètres de diamètre dont la surface estconstituée d’une sorte d’argile très friable.

La températureextérieure est agréable, rassuré par les résultats des analyses, il n’a pasde respirateur, il ne ressent aucune oppression physique. La vue porteloin ; en l’absence de tout danger visible, il a retiré sa veste deprotection, il la porte négligemment sur l’épaule. « Il n’est pasquestion de l’abandonner »… Ce vêtement, composé de fibres optiques etde microprocesseurs, est un ordinateur à hautes performances, il permetaussi de rester en contact avec le reste du groupe. Mis à part les pseudosfourmis, il n’y a pas d’autres insectes inquiétants… « Tout vabien »… Cette pensée le fait tressaillir.

« Tout vabien ! Tout va bien ? Est-ce bien ma façon de voir leschoses ? Pourquoi me suis-je engagé pour un voyage sans retour ?Pour avoir des réponses à mes interrogations sur le sens de lavie ? »

« J’ail’impression, en fait, d’être perdu dans le dédale des dimensions spatialeset temporelles. Je me souviens d’un livre où il était question d’unbrigand, qui errait dans une immense salle complètement murée et remplie detrésors, dont il ne pourrait jamais profiter, attendant… attendantquoi ? La mort ! »

« J’existe depuistoujours, j’ai toujours existé et j’existerai encore… Il n’y a pas deraison qu’il en soit autrement. Le néant de par sa définition n’existe pas.Il faut revoir le concept d’éternité. La conscience est un élémentuniversel, il ne peut y avoir d’existence si personne n’est là pour ypenser. L’univers lui-même, n’est pas concevable sans une conscience de sonexistence. Non mais c’est vrai quoi ? Avant la naissance ou après lavie, c’est pareil ! Le temps est inexistant sans conscience… Remettonsde l’ordre et essayons d’être logique… Premièrement exister c’est Penser,c’est-à-dire se former dans l’esprit des idées. Penser c’est vivre en soi. »

« Exister c’estdonc ressentir, c’est penser, c’est agir. Etre… C’est vivre, c’est avoirdes sens, c’est percevoir ».

« Bon !Revenons à ce que nous connaissons : la perception consiste, pourl’esprit, à entrer en relation avec la réalité, plus particulièrement avecles objets extérieurs. Elle s’effectue avec l’aide des sensations que nousapportons à une cause ou à un objet. La perception est donc l’objectivitédes sensations. Cette objectivation nécessite une série d’observationsintellectuelles et ne s’obtient que progressivement par l’éducation dessens.

On distingue lesperceptions naturelles, données par chacun de nos sens et les Perceptionsacquises, fournies par l’association de plusieurs sens. »

« Voilà !C’est de la métaphysique pure, venons-en maintenant au néant. Ne pluspercevoir c’est le néant. Ne plus avoir conscience du temps c’est le néant.La mort c’est le néant ! Avec la mort, le temps devient égal à zéro.Qu’importent les “millénaires” qui suivent la période d’existence ?Qu’importe la notion d’infini... Le temps n’est plus perceptible... Doncn’est plus mesurable ! Que se passe-t-il après la mort ? La mêmechose qu’avantla vie... Jeme répète… Après la naissance, il n’y a aucun souvenir, que ce soit des“ millénaires ” écoulés avant, ou encore d’unquelconque infini. »

« Nous constatonsque nous sommes conscients dès que le développement de nos sensnous le permet. Si je me souviens, c’était une sensation qui ne laissaitaucune impression de durée temporelle déjà écoulée. Après la mort c’estdonc la même chose ! Quelle durée à la mort ? Aucune durée, siaucune perception n’est possible ! À l’instant de la mort la notiond’éternité devient néant. »

« Dès lors,qu’envisager ? Le néant n’a pas de dimension, pas de couleur, pas deconsistance, pas de durée, puisque pas de mesure. La conclusion est :que l’infini étant égal à zéro, à l’instant de la mort nous pénétrons dansl’éternité ».

 

La conclusion est brutale, inattendue ! Le sol sedérobe soudain sous ses pieds, Samson a la sensation d’être agrippé par lesjambes, il s’enfonce d’un coup et n’a pas le temps de définir la cause dela douleur inouïe, qui le saisit au milieu du dos, il sombre immédiatementdans les ténèbres…